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Salaire de tatoueur : salarié, résident ou guest, qui encaisse et qui reverse

Fin de mois dans un studio à trois postes. Une tatoueuse salariée attend sa fiche de paie, un résident indépendant doit reverser une part de ce qu’il a encaissé, et le guest arrivé il y a dix jours repart dimanche. Trois calculs pour le même mois, et chacun veut savoir ce qui lui revient.

Un studio de tatouage à trois postes où plusieurs tatoueurs travaillent, avec un ordinateur portable ouvert sur une table au premier plan

Salarié, résident indépendant ou guest : qui encaisse le client

Le salarié, en CDI ou en CDD, travaille pour le studio. Le studio encaisse les clients, verse un salaire et paie les cotisations. Le prix des tatouages ne change rien à la fiche de paie, sauf si le contrat prévoit une part variable. Si vous en prévoyez une, une prime sur le chiffre réalisé par exemple, calculez-la sur la même base que la part d’un indépendant (voir plus bas), et laissez la paie à votre comptable.

Le résident indépendant, micro-entrepreneur ou en société, a sa clientèle et ses propres factures. Avec le studio, l’accord peut prendre deux formes : une location de fauteuil, c’est-à-dire un loyer fixe par mois ou par jour pour le poste, ou un pourcentage de ce qu’il encaisse, reversé au studio. Il existe aussi la sous-location d’un espace indépendant dans le local, qui demande l’accord écrit du propriétaire des murs.

Le guest vient pour quelques jours ou quelques semaines. Il travaille au pourcentage ou contre un forfait, avec un contrat guest qui fixe les dates, la part du studio, le matériel fourni et la personne qui encaisse les acomptes.

Le sens des factures suit celui de l’argent. Si le résident encaisse lui-même ses clients, le studio lui facture son loyer ou sa part. Si c’est le studio qui encaisse, le résident facture au studio ce qui lui revient. Votre comptable vous dira quelles mentions porter sur ces factures selon votre statut.

Le salaire d’un tatoueur dépend surtout de l’accord

Vous ne trouverez pas ici de salaire moyen. Les chiffres qui circulent mélangent salariés et indépendants, débutants et tatoueurs complets des mois à l’avance, et nous n’avons trouvé aucune source fiable pour la France. Le revenu se construit à partir de quatre éléments : le statut, le nombre de séances par mois, le prix moyen d’une séance, et la part qui reste au studio.

Pour un résident au pourcentage, le calcul tient en une ligne : l’encaissé du mois, moins les remboursements, moins la part du studio. Ses propres cotisations et charges viennent ensuite, selon son statut. Le pourcentage, lui, se négocie au regard de ce que le studio apporte (local, matériel, accueil, clientèle, visibilité sur les réseaux) et se met par écrit avec sa date d’entrée en vigueur.

Un exemple, avec des chiffres inventés : 14 séances dans le mois à 350 € en moyenne, soit 4 900 € encaissés. Avec 40 % pour le studio, il reste 2 940 € au tatoueur, avant ses propres cotisations et charges. Le même tatoueur en location de fauteuil à loyer fixe garderait tout l’encaissé moins le loyer, et supporterait seul les mois creux.

Sur quel montant calculer la part

Le pourcentage se discute une fois. La base de calcul, elle, revient chaque fin de mois, et c’est elle qui fait débat. Tranchez ces points à l’avance :

  • Prix affiché ou argent encaissé. Une séance annoncée à 600 € et réglée 500 € après un geste commercial ne donne pas la même part.
  • Le mois des acomptes. Comptés le mois où ils sont encaissés ou le mois de la séance, choisissez une règle et tenez-vous-y.
  • Les remboursements. Un acompte remboursé en mars vient en déduction de mars, même s’il avait été payé en février.
  • Les absences. L’acompte gardé quand un client ne vient pas revient à quelqu’un, et le tatoueur comme le studio ont perdu le créneau.
  • Les paiements au comptoir, en espèces ou par terminal. Ils entrent dans la base comme le reste, à condition d’être notés.
  • Le matériel. Encres, aiguilles et films sont fournis par le studio, dont la part en tient compte, ou achetés par chacun. Déduire les coûts avant de calculer la part change tout le résultat : décidez-le avant le premier mois.

Un exemple de fin de mois

Décompte d’un mois pour deux tatoueurs (chiffres inventés pour l’exemple)
Ligne du décompteLéa, résidenteMalik, guest
Acomptes encaissés1 200 €900 €
Soldes et paiements sur place3 000 €1 700 €
Remboursements−150 €0 €
Base de calcul4 050 €2 600 €
Part du studio40 %30 %
Montant pour le studio1 620 €780 €
À verser au tatoueur2 430 €1 820 €

Les pourcentages servent à l’exemple. Les cotisations, la TVA éventuelle et les charges de chacun ne figurent pas dans ce tableau. Dans ce schéma, le studio encaisse puis reverse : pour un résident indépendant, c’est justement l’un des points que l’URSSAF peut regarder. Parlez-en à votre comptable avant de l’adopter.

Page Revenus d’OpenInk Studio : le bloc « Par tatoueur » avec la part du studio et le montant à verser, et la fenêtre « Parts du studio » ouverte

Dans Revenus, « Définir les parts » ouvre une fenêtre avec chaque tatoueur du studio : vous saisissez un nombre entier entre 0 et 100. La part s’applique à partir du mois choisi, les mois précédents ne bougent pas, et un champ vide signifie qu’il n’y a pas de part. Le bloc « Par tatoueur » affiche ensuite la part du studio et le montant à verser à chacun.

Fenêtre « Exporter les revenus » d’OpenInk Studio, avec l’option « Décompte par tatoueur » sélectionnée

En fin de mois, « Exporter » puis « Décompte par tatoueur » télécharge un CSV avec une ligne par tatoueur et par mois : encaissé, part du studio, somme à verser. L’export « Paiements » liste, lui, chaque paiement.

Reste à savoir qui reçoit l’argent. Les acomptes et les soldes des rendez-vous pris au nom du studio arrivent sur le compte Stripe du studio. Ceux qu’un tatoueur prend à son propre nom arrivent sur son compte Stripe à lui, et sa page Revenus range à part, sous « En studio », ce qui a été encaissé sur le compte du studio. Le studio encaisse donc d’abord, puis reverse à chacun sa part. Ce versement se fait en dehors d’OpenInk Studio, par virement depuis la banque du studio ou comme le prévoit votre accord.

OpenInk Studio ne calcule pas non plus les cotisations ni les impôts, et ne déduit pas le matériel. La part est un pourcentage de l’encaissé moins les remboursements. Si votre accord est une location de fauteuil à loyer fixe, laissez le champ vide et facturez le loyer à part. Pour le reste de l’organisation d’un studio à plusieurs (demandes, agenda, équipe), voyez le logiciel de gestion de studio.

Clôturer le mois en cinq étapes

  1. Vérifiez que chaque somme reçue hors du lien de réservation (espèces, virement, terminal) a bien été enregistrée comme paiement sur place.
  2. Regardez les remboursements et les absences du mois. Le décompte traite un acompte gardé comme de l’argent encaissé ; si votre accord le partage autrement, ajustez à la main.
  3. Exportez le décompte par tatoueur et envoyez à chacun sa ligne avant de payer.
  4. Laissez deux ou trois jours pour les remarques, puis faites les virements depuis la banque du studio.
  5. Classez le CSV avec les factures du mois pour votre comptable.

Le contrat guest, avant le premier rendez-vous

Un guest qui arrive lundi sans accord écrit, c’est une discussion tendue presque garantie le dernier jour. Mettez par écrit avant son arrivée :

  • les dates et les jours de présence
  • la part du studio ou le forfait, et la base de calcul choisie plus haut
  • qui encaisse les acomptes, et dans quelle devise s’il vient d’un autre pays
  • à qui revient l’acompte d’un client absent
  • le matériel fourni par le studio et ce que le guest apporte
  • les démarches pour exercer temporairement dans votre local, à vérifier auprès de l’ARS de votre région

Pour les clients du guest, les règles habituelles s’appliquent : un montant d’acompte adapté à la pièce et des conditions écrites que le client accepte avant de payer. Précisez aussi quand le guest est payé : il voudra son dû avant de repartir, pas trois semaines plus tard, surtout s’il rentre dans un autre pays.

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