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Droit d’auteur en tatouage : quand le client part avec votre dessin

Le scénario, beaucoup de tatoueurs l’ont vécu : un dessin envoyé la veille en DM, une capture d’écran, puis le même motif sur un autre bras, tatoué ailleurs et moins cher. Vous avez passé trois soirées dessus. Vous ne touchez rien.

Un dessin au crayon posé sur une table, à côté d’un téléphone qui affiche une photo du même dessin barrée d’un filigrane en diagonale

Comment un dessin sort du studio

Au départ, il y a rarement de la malveillance. Le client veut montrer le dessin à sa sœur, le met en fond d’écran, puis le transfère à un autre tatoueur « juste pour avoir un deuxième prix ». Ce second tatoueur a maintenant un fichier propre, et rien sur l’image ne lui dit d’où elle vient.

Vous y voyez un tatouage copié. Le client, lui, a l’impression d’avoir simplement demandé un devis ailleurs, sans penser que le dessin vous appartient.

Autre cas, plus lent : le dessin apparaît dans une story ou sur Pinterest, sans votre nom, et quelqu’un l’apporte six mois plus tard dans un studio d’une autre ville comme « projet tatouage » trouvé en ligne. Le tatoueur qui le reçoit peut très bien ignorer qu’il recopie le travail d’un confrère.

Les flashs publiés sur Instagram posent le même problème, en plus visible. Ils sont faits pour être vus, et une capture d’écran suffit à les emporter. Mettez votre nom sur l’image elle-même : la légende du post disparaît à la première capture.

Faire payer l’acompte avant de dessiner

Le premier filtre se place avant le crayon. Un client qui a versé un acompte, ensuite déduit du prix, a une raison de revenir chez vous. Celui qui n’a rien payé peut comparer à volonté. Le montant dépend de la pièce (voir combien demander d’acompte), mais demandez-le avant la première esquisse.

Écrivez aussi dans vos conditions ce que l’acompte couvre : le dessin et un nombre fixé de séries de modifications, deux par exemple. Au-delà, les nouvelles modifications se paient ou se font le jour de la séance. Les conditions d’acompte à copier peuvent servir de base. Un brief précis limite aussi les allers-retours, et le modèle de brief liste ce qu’il faut savoir avant de dessiner.

Certains clients refusent de payer avant d’avoir vu quoi que ce soit. Montrez-leur des pièces terminées dans le même style, ou un croquis très sommaire au studio, sur papier. Le dessin abouti, celui qui a demandé des heures, arrive après l’acompte.

Montrer le dessin : ce que chaque méthode laisse passer

Les façons habituelles de montrer un dessin avant la séance
MéthodeCe qui marcheCe qui coince
Seulement au studio, le jour de la séanceRien ne circule avantLe client découvre le dessin sur place, les retouches mangent le temps de la séance, et un client inquiet peut ne pas venir
Image en basse définitionLe fichier s’imprime malPour du trait simple, une capture suffit à redessiner le motif
Nom du studio dans un coinLe dessin est signéUn recadrage fait disparaître le nom en deux secondes
Fichier envoyé tel quel en DMRapide, le client est contentLe fichier circule et rien n’indique à qui il était destiné

Le filigrane reste la méthode la plus simple, à condition de le poser au bon endroit et avec le bon texte.

Un filigrane qui porte le nom du client

Un nom de studio en petit dans un coin ne gêne personne : on recadre, on gomme, terminé. Un filigrane qui traverse le dessin en diagonale, répété, avec le nom du studio et celui du client, pose un autre problème à qui veut le transférer. Envoyer à un autre tatoueur une image marquée de son propre nom, c’est lui dire d’où vient le dessin et à qui il était destiné.

Si vous posez le filigrane vous-même, gardez-le assez léger pour que le client puisse juger les lignes et les ombrages. S’il doit plisser les yeux, il réclamera la version propre, et vous voilà revenu au point de départ.

Fenêtre « Envoyer un dessin » d’OpenInk Studio : deux images du dessin, une note, le rappel du filigrane et l’option « Visible une seule fois » activée

Dans la conversation, « Envoyer un dessin » ouvre une fenêtre où vous ajoutez jusqu’à 4 images par version, avec une note de 500 caractères au maximum (taille, emplacement, ce que le client doit regarder). Le filigrane s’ajoute automatiquement. L’option « Visible une seule fois » fait disparaître le dessin dès que le client le ferme. Une limite à connaître : aucun navigateur ne peut empêcher une capture d’écran, mais la capture garde le filigrane, nom du client compris.

Réservez « Visible une seule fois » aux premières versions d’une pièce personnalisée, quand le client découvre votre idée et n’a encore rien validé. Pour une version presque finale, il voudra souvent la regarder plusieurs fois avant de répondre. Un envoi classique, toujours filigrané, lui évite de vous la redemander.

Une main tient un téléphone qui affiche le dessin avec le nom du studio et du client en filigrane, et les boutons « C’est celui-là » et « Je voudrais des changements »

Le client voit le dessin sur son téléphone, avec deux boutons : « C’est celui-là » pour valider, « Je voudrais des changements » pour décrire ce qu’il veut modifier. Chaque réponse apparaît dans la conversation, avec sa date et son heure.

Tatouer la version que le client a validée

Chaque version garde son état : pas encore vu, vu à telle heure, validé, modifications demandées, nouvelle version envoyée. Le jour de la séance, ouvrez celle qui est marquée comme validée et préparez le stencil à partir d’elle, pas d’une variante restée dans vos fichiers.

Quand vous envoyez une nouvelle version, la précédente passe en « Nouvelle version envoyée » et le client est invité à regarder la dernière. Il ne peut donc pas valider par erreur une version que vous avez déjà corrigée.

Si le client change d’avis sur le fauteuil (une rose plus petite, une feuille en moins), notez-le dans la conversation avant de reprendre le stencil. Le jour où il conteste le résultat, vous retrouvez la version validée et la modification demandée, chacune datée.

Droit d’auteur : prouver que le dessin est de vous

Certains clients demandent le dessin « en HD » après la séance, pour l’imprimer ou le garder. Écrivez dans vos conditions que le fichier source n’est pas remis, et proposez plutôt une photo du tatouage une fois cicatrisé. Le client garde un souvenir, et le fichier propre reste chez vous.

Conservez aussi chaque version au lieu d’écraser le fichier à chaque modification : esquisse, version 1, version 2, avec leur date. Dans OpenInk Studio, les versions envoyées restent dans la conversation avec leur date d’envoi et la réponse du client. Le jour où le dessin réapparaît ailleurs, ces fichiers et ces échanges datés font partie des pièces à réunir.

Et si vous retrouvez votre dessin sur quelqu’un d’autre :

  1. Faites des captures de la publication où apparaît la copie, avec la date et le compte qui l’a publiée.
  2. Rassemblez vos fichiers d’origine, les versions envoyées et la conversation avec le client.
  3. Écrivez au studio concerné sans accuser d’emblée. Dites que le dessin est de vous et demandez comment il lui est parvenu : le tatoueur ne connaissait peut-être pas son origine.
  4. Pour aller plus loin, passez par un avocat en propriété intellectuelle.

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